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Brève description du livre

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La première édition de ce cours est parue en 2009. Elle était alors limitée au contenu de mes pages figurant sur ce site Internet. Au cours des successives éditions, le livre s‘est beaucoup étoffé. Aux notions de base sont venus s‘ajouter les nouvelles théories, les nouveaux exemples et les particularités des diverses formes de marketing. Les graphiques ont été améliorés et de nombreux exemples sont venus illustrer la théorie. L‘ouvrage réunit quatre livres :
  1. Introduction au marketing
  2. Le marketing industriel
  3. Le marketing international
  4. Le NeuroMarketing

Cette CINQUIEME EDITION 2017 apporte aussi son lot de nouveautés en plus des mises à jour.


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Cours Marketing

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L'Engrenage
Tout allait bien pour Steve. Il avait trouvé son âme sœur quand un accident vient tout bouleverser. Accusée à tort, Laure lui échappe et elle choisit la vengeance plutôt que la passion. Lui ne veut pas croire à son départ définitif, il veut la retrouver. Il devient alors ce qu'il avait toujours voulu être : un détective.
Haine et Passions
Manuel vit dans un rêve, lui le solitaire, le mal-aimé, se fait inviter par la belle Anastasia Arcos dans sa demeure. Anastasia lui raconte alors la légende de sa famille qui remonte à l'Atlantide et l'existence d'un trésor qui attise la convoitise d'un clan adverse.
Herbe Triste
Elle, Natalia, s'est fait embrigader dans la prostitution et lui, Christian, s'est fait piéger par la mafia. Ils réussissent malgré tout à s'en sortir ensemble. Mais comment ressusciter d'un tel passé, qu'ils tirent comme un boulet derrière eux ? A bout d'espoir, Christian accepte de diriger une société de médias appartenant à la mafia.
La Bastide de la Vaudoise
En rencontrant Eléonore de Chauroux, Duchesse de Brandbourg, Amandine découvre que sa nouvelle amie appartient à une secte à qui elle doit tout. La secte l'introduit dans la société monégasque. Mais la richesse ne met personne à l’abri …
La légende de la Cornouille
Par curiosité Paul Jourdan pose des questions sur l’origine d'une cabane alpestre « La Cornouille ». Étonné, il entend alors le récit d’une orgie qui s’est déroulée 20 ans plus tôt et qui s’est terminée par le décès d’une des participantes. Paul décide de mener sa propre enquête.
L'Aube sans Aurore
Un homme sort lentement du coma et constate qu’il ne peut bouger aucun membre. Il ne sait ni comment il est arrivé là, ni comment il s’appelle et ne se souvient pas de son passé. Mais ce qu'il apprend quand la mémoire lui revient n’est pas très reluisant. Il se lance alors à la recherche de son enfance et de son vécu.
Le Clan des Rocans
Emilie croit enfin trouver le bonheur en se mariant avec Bryan. Le couple donne naissance à un enfant lourdement handicapé. Incapable de supporter ce coup du sort, Bryan la quitte. Pour Emilie commence alors une vie faite de déchirures et de retrouvailles, de misère et de richesse, d’amours et de trahisons.
Le Prix d'une vie
Jade admirait l’étendue de fleurs qui s’étalait à perte de vue. Elle hocha la tête comme pour se donner du courage. Oui, c’est bien à cet endroit qu’elle désirait se donner la mort ...

Cet ouvrage est le deuxième tome du "clan des Rocans".
Par Amitié
Que faire lorsqu’un ami disparaît ? C‘est la question que se pose un groupe d’amis quand un des leurs ne réapparaît plus à leur réunion habituelle du jeudi soir. Par une suite de quiproquos, ils sont suspectés de complicité du meurtre de la maîtresse de leur ami. Confiant en leur ami, ils se lancent à sa recherche
La Force du Destin
Paul Bettex, a qui la vie donne une dernière chance, prend la décision d’utiliser cette fortune pour se venger plutôt que d’enfin vivre heureux. Mais le mauvais œil ou la baraka est indissoluble de notre destin comme l’est la couleur de notre peau.
Quand le passé ...
Il suffit parfois de peu de chose pour que le destin bascule. Et quand l'Histoire de l'ancienne baronnie de Rolle, ses drames et ses légendes sont utilisés par un esprit criminel, le résultat peut compromettre votre avenir. Il faut parfois beaucoup plus de temps à la vérité pour se faire connaître.
Recherche sur ...
J'ai voulu connaître les raisons qui poussèrent ce lointain ancêtre que l'on prétendait issu « d'une famille peut-être royale ou certainement distinguée » à se cacher dans une vallée perdue. Ce livre résume ces recherches qui nous font remonter à l'aube du premier millénaire.

Particularités du marketing international

Auteur : Yvan Valsecchi

  1. I - L'INTRODUCTION

  2. II - LA CULTURE
    1. A - La programmation mentale de l'individu
      1. 1) La manifestation des différences culturelles
      2. 2) Les stéréotypes - exemple pour la Suisse
      3. 3) Le processus culturel
      4. 4) La dynamique culturelle
    2. B - Les dimensions culturelles selon Hofstede
    3. C - Les modèles d'organisation selon Hofstede
      1. 1) L'étude de James Stevens
      2. 2) L'étude de Henry Mintzberg
    4. D - Présupposés culturels et comportement final
    5. E - La communication et le contexte de Hall
      1. 1) Communication verbale : message explicite et contexte
      2. 2) Communication non verbale
      3. 3) Ethnocentrisme, stéréotypes et malentendus dans la communication interculturelle
      4. 4) Proxémie comparée des cultures allemande, anglaise et française
      5. 5) Choc culturel et accoutumance
    6. F - L'écriture véhicule de la pensée
      1. 1) L'écriture japonaise
      2. 2) L'écriture chinoise
      3. 3) L'alphabet
      4. 4) L'alphabet égyptien
    7. G - Les langues et l'importance socio-économique


  3. III - LE MIX MARKETING

  4. IV - LE BESOIN DE COMPETENCES LINGUISTIQUES DANS LES AFFAIRES INTERNATIONALES


  

Chapitre II - LA CULTURE

    

A - La programmation mentale de l'individu

Le monde est plein de confrontations entre peuples, groupes, et nations qui pensent, ressentent et agissent différemment. Au même moment ces gens, groupes et nations sont exposés à des problèmes communs qui demandent leur coopération pour les résoudre. Les développements écologiques, économiques, militaires, hygiéniques et météorologiques ne s'arrêtent pas aux frontières nationales et régionales. La résolution de problèmes comme l'armement nucléaire, la pluie acide, la pollution des océans, l'extinction des animaux, le SIDA, ou une récession mondiale demandent la coopération des dirigeants de plusieurs pays. Ces derniers à leur tour ont besoin d'une multitude de supporters pour faire appliquer les décisions prises.

Quoique la diversité de pensée des peuples est énorme, il y a une structure dans cette variété qui peut servir de base à une compréhension mutuelle. La programmation mentale, "software of the mind" comme l'appelle Hofstede, détermine partiellement le comportement d'une personne. Cette dernière à cependant une capacité de dévier de ce comportement et de réagir d'une façon nouvelle, créative, destructrice ou inattendue. Cette programmation mentale est plus communément appelée CULTURE.

La culture est apprise, non innée. Elle dérive de l'environnement social d'une personne non de ses gènes. La culture doit être distinguée de la nature humaine d'un côté, et de la personnalité de l'individu de l'autre, quoique où se situe exactement la frontière entre la nature humaine et la culture, et entre la culture et la personnalité est l'objet de discussions entre sociologues.

  

1) La manifestation des différences culturelles

Le tourisme représente la forme la plus superficielle de rencontre interculturelle. Avec le tourisme de masse le voyageur peut passer deux semaines au Maroc, Bali ou Cancun sans rien découvrir sur la culture locale. Le personnel d'accueil travaillant dans le tourisme apprend plus à propos de la culture des touristes, mais l'image qu'ils se font sur la manière que les touristes vivent chez eux sera largement déformée. Ce que chacun apprend de l'autre groupe est au niveau des symboles : mots, articles de mode, musique etc... Ce n'est qu'une des différences culturelles.

Les différences culturelles se manifestent de plusieurs façons qui peuvent se résumer en ces quatre termes : symboles, héros, rituels et valeurs.
Un problème grave va se poser si on touche aux valeurs, la négociation tournera très vite court. Sans d'ailleurs que l'on s'en rend compte, car il ne va pas l'expliquer. On atteint la personne dans ce qu'elle a de plus fondamental. Exemple : offrir une montre à un Chinois, c'est mesurer la vie de son destinataire.

L'emprunt culturel se généralise ... et se déguise : Alors que des mots français créés pour remplacer un mot/concept étranger ont connu un succès total (ordinateur, logiciel par exemple), le mot mercatique n'a pas été retenu en remplacement de Marketing. Bien que notre comportement soit largement emprunté à d'autres cultures, cet emprunt est arrangé, naturalisé, d'une manière unique, qui va appartenir à la société qui l'emprunte.

La culture comme destin (La dimension cachée - Edward T. Hall) : En dépit de tous ses efforts l'homme ne peut échapper à l'emprise de sa propre culture, qui atteint jusqu'aux racines mêmes de son système nerveux et façonne sa perception du monde. La culture est en majeur partie une réalité cachée qui échappe à notre contrôle et constitue la trame de l'existence humaine. Et même lorsque des pans de culture affleurent à la conscience, il est difficile de les modifier, non seulement parce qu'ils sont intimement intégrés à l'expérience individuelle, mais surtout parce qu'il nous est impossible d'avoir un comportement signifiant sans passer par la médiation de la culture.
L'homme et ses extensions ne constituent qu'un seul et même système. C'est une erreur monumentale de traiter l'homme à part comme s'il constituait une réalité distincte de sa demeure, de ses villes, de sa technologie ou de son langage. Cette interdépendance de l'homme et de ses extensions devrait nous faire accorder plus d'attention à celles que nous créons non seulement dans notre propre intérêt, mais aussi pour ceux auxquels elles risquent de n'être pas adaptées.
La crise ethnique, la crise urbaine et la crise du système éducatif sont liées. Dans une perspective globale on peut les considérer comme les différentes facettes d'une crise plus vaste résultant du fait que l'homme a créé pour son propre usage une dimension nouvelle - la dimension culturelle - dont la plus grande part demeure invisible. Et, en définitive, la question se pose de savoir combien de temps l'homme pourra continuer d'ignorer sa dimension propre.

  

2) Les stéréotypes - exemple pour la Suisse

Les stéréotypes constituent les différentes identités. Cette notion de stéréotype fut introduite en 1922 par le publiciste américain Walter Lippman. Le phénomène en soi est plus ancien et constitue un comportement anthropologique type.

L'image que les Suisses se font d'eux-mêmes Les Suisses, mode de vie, traditions, mentalités - Edition Payot tome 3 - 1992 Stéréotypes - Image de soi, images de l'autre - George Kreis
  • Stéréotypes locaux : taquineries à l'égard des habitants de certains lieux, exprimées par des sobriquets ou autres provocations. Ils sont choisis de manière assez arbitraire, mais relativement constante, de façon à donner une image positive de soi et de rabaisser les autres.
  • Stéréotypes cantonaux : moins arbitraires que les moqueries locales, ils ont en général un " grain de vérité " relatif à un événement historique (souvent un conflit) qui fut généralisé plus tard à une particularité culturelle. Les Argoviens = des bouffeurs de carottes (Rüeblifrässer), les Turgoviens des " faiseurs de cidre " (Mostinder) et les Tessinois des bouffeurs de spaghetti ou des marrons. Les Tessinois quant à eux appellent les Suisses allemands des mangeurs de patates ("mangia-patate").
  • Stéréotypes nationaux : Traits de caractère attribués par Richard Weiss (Volkskunde der Schweiz. Gründriss Zürich 1946) à l'ensemble des Suisses. Il décrit la qualité dominante de la personnalité suisse est une capacité à " garder la mesure entre des extrêmes ". Il en dérive six autres qualités secondaires : la tendance " 1) à ménager prudemment les ressources "; 2) à préférer ce qui est utile; 3) à être précis et attaché à la qualité; 4) à la sobriété; 5) à l'amour de ce qui est pratique; et 6) à l'équité.
    On entend souvent dire : " Pas d'argent, pas de Suisse ". Richard Weiss cite cette phrase dans un sens péjoratif, impliquant la cupidité, l'avarice et l'esprit mercantile. Il ne s'agit pas d'une critique venue de l'étranger, mais d'une fière remarque. En fait, la formule original est " point d'argent, point de Suisses " formule prononcée en 1649 par des mercenaires Suisses que le cardinal Mazarin n'avait pas payés selon leur contrat; simultanément ils lui confirmait qu'ils lui demeuraient fidèles.
  • Stéréotypes internationaux : ce sont les idées que l'on se fait de la fonction international de la Suisse. L'attitude de la Suisse dans le domaine de la politique extérieure est influencée par trois stéréotypes : " neutralité-disponibilité-solidarité ". Ces stéréotypes reposent sur l'idée du " cas particulier suisse " et de la tâche prétendument confiée à ce pays (en tant que modèle humanitaire, démocratique, multiculturel et probe).
    Les clichés stéréotypés formulés à l'égard d'autres Etats ne sont pas les mêmes partout dans le pays, surtout là où il s'agit d'Etats voisins : Le fait qu'ils partagent une même langue et une culture assez semblable n'incite pas les Romands à juger les Français de manière particulièrement positive ; il en va de même pour les Suisses allemands et l'Allemagne. En se fiant à une enquête faite en 1981 auprès des recrues, on constate que, par exemple, les Romands évaluent plus positivement les Suisses allemands que les Allemands et même surtout que les Français.
    Les organismes (Office national suisse du tourisme ou la Commission de coordination pour la présence de la Suisse à l'étranger) ont tendance à aller dans le sens des attentes et des clichés entretenus par les étrangers et à présenter une image idéalisante de la Suisse, avec un mélange (mix) séduisant de folklore, d'art et de high tech.

Les images que les étrangers se font de la Suisse Les Suisses, mode de vie, traditions, mentalités - Edition Payot tome 3 - 1992 Stéréotypes - Image de soi, images de l'autre - George Kreis

Le Pasteur Kurt Marti découvrit que les personnes auxquelles il avait demandé une contribution n'avaient que peu à dire et qu'elles ne faisaient que reproduire les stéréotypes connus : Tell, la liberté, les hôtels, le fromage, le droit d'asile, les banques, les comptes numérotés, Zurich, les Alpes et le Tessin.

Lorsqu'ils ne sont pas en rapport avec la nature, les clichés positifs concernent le bien-être, la qualité des prestations, la stabilité, l'ordre et la tranquillité, ainsi que la volonté de défendre le pays. Ils ont souvent trait à la cohabitation de différentes cultures, que l'on conçoit comme exemplaire, et à la maturité politique manifestée par nos compatriotes (réductions fiscales ou diminution du temps de travail). Mais l'image positive - ou du moins bien intentionnée - que l'étranger se fait de notre pays est dominée par celle de la Suisse touristique.

Les images négatives que l'étranger se fait de la Suisse sont parfois en rapport avec des phénomènes semblables à ceux qui créent une image positive. Elles sont souvent liées à la tradition du service mercenaire et à l'idée, née avec le tourisme, que les Suisses sont avides d'argent.

Dans les années septante, l'idée de la cupidité suisse se concrétisa dans l'image des gnomes, ces petits nains hideux et incapables de plaisir, travaillant sans cesse parce qu'ils sont insatiables. (Cette image s'est diffusée entre autres grâce à l'Américain Paul Edermann, dont l'empire bancaire domicilié à Bâle s'effondra en 1970, laissant 200 millions de dettes. Voir son article " Should Switzerland be put out of business " dans National Zeitung, 3 janv. 1976). Cette image n'est sans doute pas née de scandales (qui furent connus que plus tard) mais bien plutôt parce que les banques suisses commençaient à s'introduire sur un marché dominé par les Anglo-Saxons. Au début des années soixante, le gouvernement travailliste britannique avait déjà dit que le sort de la livre sterling dépendait des banques suisses. (Lord Aran [cité par Young dans le journal de Genève] disait " Je deviens fou de rage lorsque je lis que l'avenir de notre livre bien-aimée dépend à un large degré de banquiers bâlois et zurichois. S'il en est vraiment ainsi, je ne peux que conclure que les Britanniques sont entre les mains d'hommes peu importants appartenant à une nation tout à fait secondaire ").

Dans les années septante, les initiatives contre la surpopulation étrangère ont contribué à ce que l'étranger se fasse une image négative de la Suisse. Mais on dit aussi qu'en plus d'être xénophobes, nous sommes tatillons, dépourvu d'humour, pharisiens et introvertis.

Ernest Hemingway est l'auteur de la description suivante : " La Suisse est un petit pays escarpé - bien plus raide lorsque l'on monte ou descend que latéralement - et elle est couverte de grands hôtels bruns construits dans une sorte d'architecture de coucous. Partout où il y a assez de place horizontale, on a planté un hôtel et il semble que tous ces hôtels aient été construits par la même scie à chantourner ". (Chantourner : découper une pièce de bois selon un profil donné)

Orson Welles fit dans Times en 1981 un bilan plutôt négatif : " L'Italie a vécu pendant trente ans sous le régime des Borgia, avec ses guerres, ses terreurs, meurtres et effusions de sang - mais, pendant cette même période, elle engendra Michel-Ange, Léonard de Vinci et la Renaissance. En Suisse les habitants s'aiment comme des frères et il y a plus de cinq cents ans qu'ils vivent en démocratie et en paix - et qu'ont-ils produit ? Le coucou ".

Les images formulées par autrui et celles que l'on présente de soi ont un point important en commun : elles partent d'une image idéale (l'enfant modèle) et la comparent à une " image réaliste " (faisant de la Suisse une tête de Turc) qui tend à trop souligner les aspects négatifs. Dans une seconde phase, on admet que la réalité n'est pas tout à fait aussi négative et que l'image positive n'est pas si fausse.

" POUR PEU QUE VOUS FROTTEZ UN SUISSE, IL REPARAIT UN USURIER " H. de Balzac


Xenophobe's guide to the Swiss Paul Bilton - Ravette Publishing (GB) - updated version 1997

La loi de la peur

Les lois de la physique décrètent que le bourdon ne peut pas voler. De même, selon les lois économiques, la Suisse ne devrait pas aller aussi écoeurement bien.

Pays fermé, un marché plus petit que Londres, parlant quatre langues différentes, aucune ressource naturelle - autre que la puissance hydroélectrique, un peu de sel et encore moins de poissons - aucun marché protégé pour ses produits grâce à une colonie ou un bloc commercial, la Suisse doit être née il y a quelques années avec un poids. Au lieu de cela, La Suisse est la seule nation qui fait apparaître l'Allemagne comme inefficace, la France non diplomatique et les Texans pauvres. Le franc Suisse est meilleur que l'or et l'économie Suisse plus solide que le granit de la face du Cervin.

La Suisse a le plus élevé revenu par habitant du monde. Mais consolez-vous, ils n'en profitent pas. Les Suisses prétendent, comme il l'on fait depuis la constitution des trois cantons primitifs de 1291, que leur succès n'est que temporaire et qu'il va soudainement finir dans les larmes.

Ils refusent obstinément de croire qu'ils vont bien et vont même jusqu'à contredire les chiffres qui le prouvent. Ainsi, comme le pauvre âne courant après la carotte, les Suisses poussent leur charrette collective toujours plus vite, poursuivant un but qu'ils ont déjà atteint.

C'est peut-être une bienheureuse ignorance qui maintient le bourdon en vol. Pour les Suisses c'est tout sauf l'ignorance qui les fait voler aussi haut - c'est la peur qu'ils perdront un jour tout ce qu'ils ont travailler pour avoir.

Comment ils se voient

Les Suisses ont une saine croyance que tout ce qui vient de chez eux, et surtout de leur région, est le meilleur, particulièrement les gens.

Ils ont rarement un mot gentil pour les habitants des pays voisins. Les citadins méprisent leurs cousins campagnards comme des gens préhistoriques et naïfs, lesquels à leur tour trouvent les citadins trop rapides et adroits pour eux.

Il y a également une intense rivalité entre villes (aéroport international, industrie high-tech et secteur financier).

Comment ils voient les autres

Les Suisses sont toujours dubitatifs. Surtout si quelqu'un d'autre a pensé à un meilleur moyen de faire quelque chose. Ceci les conduit à regarder longuement en direction de la vallée voisine et de là aux autres nations du monde.

Alors que les Suisses adorent ce qui vient d'autres pays par petites doses, il doit être souligné qu'il y a une grande différence entre " choses en provenance d'autres pays " et " étranger ". Les Suisses ont de la peine à définir ce qui est Suisse, c'est pourquoi ils ont aussi de la peine à définir ce qui est étranger.

Comment les autres les voient

Ils ont tendance à ne pas les voire.

Le défit à la gravité lancé par le bourdon représente la prouesse de l'économie Suisse, de même la possibilité du caméléon de changer et de se fondre dans son environnement illustre pourquoi les Suisses ne sont pas vu par les autres.

Les Suisses Romands sont difficile à différencier d'un Français extrêmement pointilleux. Les Tessinois peuvent facilement être confondus avec un Italien guindé. Et les Suisses Allemands peuvent souvent être entrevus comme des Allemands calmes.

Les Suisses sont très soucieux de l'image qu'ils donnent aux autres nations. Ils croient fermement qu'ils sont l'objet d'une surveillance constante par le reste du monde. Ils s'observent eux-mêmes c'est pourquoi ils croient que les autres le font. C'est pourquoi ils sont offusqués quand ont les confond avec L'Allemagne du sud et l'Autriche, ou la Suède comme cela se passe souvent comme les deux pays sont neutres, commencent avec " SW " (en anglais) et ont de la neige. Même la capitale de la Suisse fait l'objet d'une question dans le " Trivial pursuits ". Ce n'est ni Genève, ni sa plus grande ville Zürich, ni même, comme plus d'un touriste peut le croire Interlaken, mais Berne.

L'usage libéral du mot " Helvetia " n'aide pas cette conception erronée, ce qui a causé une confusion non racontable parmi les jeunes collectionneurs de timbres.

Le fait de percevoir les Suisses comme étant ternes et ennuyeux, et en même temps montrant du talent pour une efficacité impitoyable et une capacité sans limite de travailler dur, est proche de la réalité. Les clichés de haute montagnes, montres, fromage (avec ou sans trous), chocolat et or sont exactes.

Mais demander à quiconque à Zürich, où sont les gnomes et vous verrez des regards vides.

Ne soit pas heureux, fait toi du souci

Les Suisses pensent qu'il y a trop de personnes qui se la coule douce dans ce monde, au lieu de travailler dur et de se préparer pour le prochain désastre. Aussi ils ont chargé sur leurs épaules le fardeau d'être sensible à la place des nations moins sensibles - c'est-à-dire le reste du monde.

Les Allemands peuvent se sentir coupables d'être à l'origine de deux guerres mondiales au cours du 20ième siècle. Les Suisses se sentent coupable de n'être à l'origine d'aucune guerre et de rien d'autre. La vie est sérieuse, et vivre dans une communauté autogérée avec des demandes continuelles de prendre des décisions de vie ou de mort à propos du future de votre pays ne laisse aucune place à la frivolité.

Tous sont supposés s'inquiéter continuellement et se préparer pour toute sorte de désastre qui peut intervenir dans le monde à tout instant. Aussi, aucune construction n'est envisageable sans abri antinucléaire dans la cave. Le reste de l'Europe de l'après guerre froide se relaxe, alors que les Suisses, en théorie au moins, ont les stocks qui débordent pour survivre à un hiver nucléaire. Un fois par année les citoyens sont soumis à des tests d'alarmes qui seront utilisées en cas d'inondation, attaque nucléaire, tremblement de terre, éruption volcanique, etc.

Seul un gouvernement Suisse est concerné par des choses sans importance comme éliminer un déficit. Seul un gouvernement Suisse concevra un plan pour absorber la dette nationale en augmentant les impôts. Ensuite seule une population Suisse acceptera en votation de payer plus d'impôts pour éliminer le déficit budgétaire.

Les Suisses sont les premiers à admettre qu'ils sont trop sérieux et trop préoccupés avec des lois et règlements. Mais, quand ils craquent, ils ne peuvent pas s'aider eux-mêmes et se sentant impuissant face à leur propre sort, ils continuent de s'inquiéter.

Croyances et valeurs

Comme les Suisses ne croient pas en eux-mêmes, il doivent croire en d'autres choses. Au sommet de la liste viennent le travail, la paperasse, l'éducation, le travail, la formation, le franc Suisse, le travail et même l'or.

L'église possède la plus grande domination en Suisse que dans la plupart des sociétés occidentales modernes. En témoigne le son des cloches que les touristes trouvent tellement charmant mais qui cause la mort prématurée de Suisses qui, vivant dans le voisinage des clochers, le trouve moins alléchant.

Les cloches sonnent jour et nuit à tout propos - disant au paysans qu'il est temps de manger, disant aux paysans qu'il est temps de retourner au travail; les samedis pour rappeler aux fidèles que demain c'est dimanche et les dimanches pour leur dire que " c'est le jour ".

Comportement et manières

Les Suisses se manifestent par des poignées de mains qui prennent d'absurdes longueurs. Même les écoliers peuvent être vus se serrant la main quand ils se rencontrent dans la rue.

Il est essentiel de se rappeler le nom des autres personnes en Suisse. On ne dit pas simplement bonjour à un voisin mais les salutations doivent également inclure leur nom. De même lorsqu'on téléphone à la gare pour connaître l'horaire du train ou avoir d'autres informations il est essentiel de s'annoncer. Cet exercice semble uniquement être suivi pour contrôler si le correspondant pourra se rappeler le nom de l'appelant à la fin de la conversation.

Les manières à table sont également robuste, excepté en buvant du vin. Aucun Suisse ne songe à boire un verre de vin en compagnie avant d'avoir salué toutes les personnes à la table. Il peut arriver que les repas soient terminés avant que l'hôte se souvienne de lever son verre dans un toast libératoire permettant aux invités de boire. A ce moment toutes les conversations cessent brusquement et les invités lèvent leur verre. Chacun des convives regarde dans les yeux les autres convives en disant " santé " suivi bien sûr du nom de la personne. Simultanément les verres sont entrechoqués pour contrôler si l'hôte a servi dans du vrai cristal. Plus il y a de convives, plus long va durer ce procédé - une table de quatre va imposer 6 impacts au verre. Une table de 6 en impose 15 et avec une table de 15, seuls les verres, pour ne pas dire les buveurs, les plus solides vont survivre.

Il est impoli d'être en avance et impardonnable d'être en retard.

Le vent est quelque chose que les Suisses n'ont pas encore pu contrôler. On peut penser que le Föhn est juste ce dont la Suisse a besoin durant les froides journées. Mais non, lorsqu'il souffle, arrivent les maux de tête, le taux de suicides augmente, les automobilistes se mettent à avoir des accidents et la docile Suisse devient folle. Les autres pays accusent de leurs maux leur gouvernement et leurs politiciens, les Suisses accusent le Föhn.

Gouvernement et démocratie

Le système fédéral Suisse est comme une démocratie devenue folle. Si les citoyens réunissent suffisamment de signatures, ils peuvent mettre en votation n'importe quel objet. Seul leur bon sens les a prévenus contre toute proposition irresponsable comme : " bière gratuite pour tout le monde ".

Le gouvernement Suisse n'est pas basé sur la confrontation comme en UK et aux USA où la droite est opposée à tout ce que dit la gauche et vice versa. Quelque soit la couleur politique, le résultat final est gris.

Règles de conduite

Le système de conduite sur les autoroutes reflète la vie Suisse. Le trafic évolue à 5 km/h au-dessus de la vitesse limite. Rouler plus lentement attire les critiques des autres conducteurs. Ceci prendra la forme de rouler très près de la voiture fautive comme pour forcer le conducteur à accélérer. Le seul moyen pour les conducteurs Suisses de se particulariser est de ne pas boucler la ceinture. Continuellement amendé par la police et par les autres chauffeurs, l'automobiliste Suisse n'est pas heureux.

Criminalité

Malgré le bas niveau de la criminalité les prisons Suisses sont toujours pleines. Même si les électeurs acceptent la construction de nouvelles prisons, elles se remplissent avant d'être terminées. Les Suisses ne semblent pas faire la corrélation entre la surcharge des prisons et le fait que leurs prisons ressemblent à des hôtels trois étoiles.

  

3) Le processus culturel

4) La dynamique culturelle

B - Les dimensions culturelles selon Hofstede

Dans la première moitié du 20ième siècle les anthropologues ont développé la conviction que toutes les sociétés, modernes ou traditionnelles, font face aux même problème élémentaires ; seules les réponses sont différentes. En 1954, Alex Inkeles (sociologue) et Daniel Levinson (psychologue) ont défini comme problème élémentaire :

Définition selon Hofstede (Cultures and organizations Software of the mind - Geert HOFSTEDE - McGraw-Hill Book company (UK) Ltd - 1991)

En 1974, Hofstede fait une étude dans les filiales IBM sur la base de 13'000 questionnaires. D'un pays à l'autre, les personnes interrogées sont similaires à tous points de vue sauf la nationalité. Comme le montre le graphique ci-dessus, HOFSTEDE a réduit en quatre dimensions principales les critères par lesquels les cultures nationales diffèrent :

En combinant ces dimensions, on obtient six représentations graphiques :

  

C - Les modèles d'organisation selon Hofstede

En combinant deux des dimensions culturelles de l'étude d'Hofstede (voir dimensions culturelles), on obtient le graphique ci-dessus.

D'autres modèles implicites d'organisations on été étudiés :

1) L'étude de James Stevens

Prenant comme exemple un conflit entre deux chefs de département dans une entreprise, James Stevens (professeur à l'INSEAD MBA de Fontainebleau[F]) a demandé à 200 étudiants

  1. le diagnostique de ce problème et,
  2. leur proposition de solution.

En analysant les réponses par contingent de nationalité il est arrivé à la conclusion suivante :

Les Français (quadrant inférieur droit du graphique) ont en majorité diagnostiqué le cas comme une négligence de la part du directeur général. La solution préférée par les Français était que les opposants porte leur conflit devant leur chef commun et devra donner les instructions nécessaires pour ce dilemme n'apparaissent plus dans le future. Stevens a interprété ce quadrant comme un modèle pyramidal (le PDG au sommet de la pyramide et des couches successives au-dessous de lui.

Les Allemands (quadrant inférieur gauche) ont diagnostiqué un manque de structure. La compétence des chefs des deux départements en conflit n'a jamais été clairement définie. La solution préférée des Allemands était l'établissement de procédures. Les façons de les développer pouvant être un consultant, la nomination d'une " task force " ou, la demande au chef commun. Pour Stevens les Allemands travaillent dans une " organisation bien huilée " dans laquelle l'intervention de la direction est limitée aux cas exceptionnels parce que les règlements doivent régler les problèmes journaliers.

La majorité des Britanniques (quadrant supérieur gauche) ont diagnostiqué le cas comme un problème de relation humaine. Les responsables des deux départements étaient de pauvres négociateurs, et leur formation dans ce domaine doit être améliorée en les envoyant dans un cours (analyse transactionnelle par exemple), de préférence ensemble. Selon Stevens, dans la mentalité des Britanniques, le modèle d'organisation est comme un marché villageois dans lequel ni la hiérarchie ni les règlements, mais la demande créée par la situation détermine ce qui doit arriver.

Les Asiatiques et les Africains étant peu représenté à l'INSEAD, l'étude de Stevens ne donne aucune explication pour le quadrant supérieur droite. En discutant avec des personnes venant d'Inde et d'Indonésie, il a été suggéré que le modèle d'organisation dans ces pays est la famille (étendue)dans lequel le patron est omniprésent. Les conflits sont résolus par référence permanente au boss : concentration d'autorité sans structure d'activités.

2) L'étude de Henry Mintzberg

Henry Mintzberg (Canada) un des auteurs les plus populaires sur les structures organisationnelles a indiqué que les organisations contiennent jusqu'à cinq parties distinctives :

  1. Le coeur opérationnel (les gens qui font le travail).
  2. Le sommet stratégique (la direction générale).
  3. La ligne moyenne (les cadres moyens).
  4. La technostructure (les gens dont le rôle est d'apporter les idées).
  5. Le personnel de support (les gens dont le rôle est de fournir les services).

Les organisation en général utilisent 1 ou plus des 5 mécanismes suivants pour coordonner les activités :

  1. Ajustement mutuel (des personnes au travers d'une communication informelle) Marché villageois des pays anglo-saxon.
  2. Supervision directe (par le supérieur hiérarchique) organisation Chinoise.
  3. Standardisation des procédures de travail (spécifiant le contenu du travail) correspond au concept Français de la bureaucratie.
  4. La standardisation des résultats (spécifiant les résultats désirés) USA.
  5. La standardisation des qualifications (en spécifiant la formation exigée pour exécuter le travail) La particularité des pays comme l'Allemagne et la Suisse (apprentissage et qualification des travailleurs).

La plupart des organisations montrent une des cinq configurations typiques suivantes :

  1. La structure simple. Dans ce cas, la position clé est le sommet stratégique, et le mécanisme de coordination est la supervision directe.
  2. La machine bureaucratique. La position clé: la technostructure. Mécanisme de coordination : standardisation des procédures de travail.
  3. La bureaucratie professionnelle. La position clé: le coeur opérationnel. Mécanisme de coordination : standardisation des qualifications.
  4. La structure en départements : La position clé: la ligne moyenne. Mécanisme de coordination : standardisation des résultats.
  5. Le marché villageois (Adhocracy). La position clé : Le personnel de support (quelquefois avec le coeur opérationnel). Mécanisme de coordination : ajustement mutuel.
  

D - Présupposés culturels et comportement final

A la question : " Est-il important qu'un manager dispose de réponses précises à la majorité des questions que ses subordonnés peuvent soulever au sujet de leur travail ? ". Les réponses sont reproduites dans la figure ci-dessus :

On remarque que les Suédois n'ont pas nécessairement d'un chef omni-compétent (10%). Il est apparu que les Suédois voyaient principalement leurs managers comme des gens devant résoudre des problèmes, alors que les Italiens les voyaient comme des experts.

Edward T. Hall dans "Understanding cultural differences" a donné les métaphores suivantes pour mieux cerner les différentes nationalités:

E - La communication et le contexte de Hall

1) Communication verbale : message explicite et contexte

Le mode de communication qui nous apparaît le plus spontanément à l'esprit est le mode verbal. Nous pensons que les mots et leur assemblage ont a priori un sens précis, et que le récepteur reçoit de l'émetteur un message clair. Ce qui nous permet d'éviter de vérifier en permanence que le message reçu est identique à celui qui a été émis, ce qui serait fort coûteux en temps.

Pourtant, le mécanisme de la communication incorpore plusieurs éléments.

Bien que Edward Hall (qui à mis en valeur le rôle du contexte dans la communication) ne définisse pas précisément le contexte, on peut avancer les composantes suivantes : le lieu, les personnes, l'enjeu de la communication.
Le contexte va souvent influencer la communication sans que les acteurs en soient vraiment conscients. Toute personne à messages implicites contexte fort, dont font partie également les cultures moyen-orientales et latino-américaines, ne pourra donc communiquer qu'avec une relativement bonne connaissance de son interlocuteur. Une relation assez fortement dépersonnalisée (un homme d'affaires américain vient discuter d'un contrat important en une journée, rentre dans le vif du sujet très rapidement, et souligne le temps limité pour discuter, et la nécessité de se concentrer sur l'essentiel) va mettre mal à l'aise et le gêner dans la communication.

Un malentendu surgira sur ce qui est vraiment essentiel : se connaître d'abord pour la personne à contexte élevé. Discuter de façon économiquement rationnelle d'un projet, qui peut être commun, mais qui pourrait aussi bien intéresser d'autres protagonistes, pour la personne à contexte faible.

Au-delà de la culture Edward T. Hall - 1979

Hall (Né dans le Missouri, professeur d'anthropologie à la Northwestern University) place les Suisses au départ des axes :
Ce qui signifie (pour la Suisse) une grande précision dans l'aspect verbal de la communication, beaucoup de précision par rapport aux données temporelles. Ainsi, selon Hall, une limite de vitesse de 120 Km/h doit être véritablement interprétée comme telle - littéralement. Avec un retard sensible chez un médecin, un Suisse paie une pénalité.

A l'autre extrême, les Japonais. Le contexte compte considérablement. A titre d'exemple, les formules de politesse, les formes verbales vont changer sensiblement, sur un registre très nuancé (plus d'une vingtaine de formes), suivant l'âge, le sexe, la position sociale de l'interlocuteur, et la position relative émetteur/récepteur. Le " non " est quasiment absent du vocabulaire japonais.

Trait universel des systèmes de communication : le message que le destinataire est supposé décoder est composé de la communication, des antécédents et des réactions préprogrammées du destinataire (contexte interne), et de la situation (contexte externe).

CONTEXTE FAIBLE CONTEXTE ELEVE
Message Dans un message (ou une communication) au contexte très dense, la majeur partie de l'information se trouve dans un contexte physique ou est intériorisé, tandis que une très petite part de l'information est transmise dans la partie du message cachée et explicite.
Expression artistique de mauvaise qualité L'expression artistique de qualité à toujours un contexte riche
Vie et institutions La complexité croissante engendrée par l'évolution rapide des systèmes faibles en contexte aura pour conséquence inéducable le bouleversement de la vie et des institutions Il faudra s'orienter vers la plus grande stabilité des systèmes riches en contexte si l'on veut venir à bout des dépassements de capacité.
Sociétés L'un des défauts du système à contexte faible est que leur croissance les rend ingouvernables surtout quand il s'agit de sociétés complexes.
Responsabilité dans les systèmes. Dans un système à contexte pauvre, la responsabilité est diffuse dans tout le système et difficile à cerner. Dans les systèmes à contexte riche, ceux qui ont des postes de responsabilité sont personnellement et réellement responsables des actions des moindres de leurs subordonnés.
Celui qui vit dans un contexte faible éprouve le besoin de recourir à un luxe de détails inusités dans ses rapports avec ceux qui vivent dans un contexte riche.
Il est plus facile de prévoir le désordre et les conflits en gestation dans les cultures à contexte faible que dans les cultures à contexte riche. Dans les premières, les liens sociaux disparaissent ou se relâchent en cas d'échec.

2) Communication non verbale

Les éléments de communication non verbale constituent une partie du contexte dont parle Edward Hall. Ils doivent être utilisés dans le décodage des messages implicites. Les éléments du contexte se situent à quatre niveaux :

Formes de communication non verbale :

Communication gestuelle :

Les postures corporelles sont une source infinie de différences et de malentendus.

Une manière de communication non verbale dont l'importance et les variations culturelles ne peuvent être niées est le contact physique. Ferraro propose une description très complète des formes de communication non verbale par le contact physique : entre autres embrasser (la joue, la bouche, la main, le pied), prendre par le bras, par les épaules, pincer la joue, serrer la main, chatouiller, caresser, donner une petite tape, etc. Ces signes qui débordent sur le monde familial et les comportements sexuels sont sujets à des modalités de codage très variées. Le baiser des hommes russes, les hommes arabes qui se tiennent par la main dans la rue, étonnent ainsi les anglo-saxons..

La signification de ces codes est complexe, et on aurait tort d'opposer de façon rapide et sûrement caricaturale des peuples qui seraient prudes dans le contact physique (auquel on adjoindrait les anglo-saxons) à d'autres peuples plus libéraux. Il n'y a nulle part de vraie liberté des moeurs. La façon des hommes et des femmes américains et européens de manifester leurs sentiments en s'embrassant dans la rue et en public peuvent paraître à beaucoup d'autres peuples comme la manifestation de privautés choquantes. Chacun a tendance à adopter une position ambiguë : rejetant ou enviant chez l'autre ce qui est interdit chez lui.

Expression du visage et communication par les yeux

Certaines cultures considèrent l'expression spontanée des émotions et attitudes par les expressions du visage comme normales. A l'inverse, dans d'autres cultures, particulièrement en Asie, il est considéré comme souhaitable de ne pas manifester ses émotions ; d'où le côté souvent insondable, impénétrable des Asiatiques, au moins perçu par les autres peuples.

Les contacts visuels sont eux aussi valorisés de façon extrêmement différente suivant les cultures. Les Arabes se regardent souvent droit dans les yeux, parce qu'ils pensent que les yeux sont les vitrines de l'âme et qu'il est important de connaître le coeur et l'âme de celui avec lequel on va travailler. A l'inverse, on apprend aux jeunes Japonais dès l'école à ne pas regarder leur maître dans les yeux mais au niveau du cou. Lorsqu'ils sont adultes, baisser les yeux en face d'un supérieur est un geste de respect. Les Français ont tendance à regarder droit dans les yeux, car comme les Américains et d'autres Européens, ils tendent à associer la fuite des yeux de celui qui leur fait face avec un manque de franchise. Cela signale potentiellement une attitude inamicale, défiante, impersonnelle ou inattentive.

La Méta-communication

Communiquer suppose des règles du jeu, entre émetteur et récepteur. D'où l'importance de la méta-communication (communication sur les règles de la communication).

Le langage de l'amitié
Dans son livre The silent Language in Overseas Business, Edward T. Hall explique :
L'Américain trouve ses amis à la porte à côté et parmi les gens avec lesquels il travaille. On a remarqué que nous entrons en contact avec les gens rapidement et que nous les laissons tomber tout aussi vite. Pour nous (Américains) il y a peu de règles bien définies gouvernant les obligations de l'amitié. Il est difficile de préciser à quel point notre amitié cède la place à l'opportunisme dans les affaires ou à la pression de nos supérieurs. En cela nous différons de beaucoup d'autres peuples dans le monde. En règle générale les amitiés dans les pays étrangers ne se forment pas aussi vite qu'aux Etats-Unis, mais sont plus profondes, durent plus longtemps, et impliquent de réelles obligations. Par exemple : il est important de souligner qu'au Moyen-Orient et en Amérique Latine vos " amis " ne vous laisseront pas tomber. Le fait qu'ils soient personnellement dans la gêne n'est jamais une excuse pour se dérober à leurs amis. Ils sont supposés se préoccuper de vos intérêts. La famille et les amis partout dans le monde représentent une sorte de garantie sociale, qui serait difficile à trouver aux Etats-Unis.
La situation est opposée en Inde ou le rôle d'un ami est de " deviner " le besoin d'une personne et de faire quelque chose. L'idée de réciprocité telle que nous la connaissons est inconnue. Un Américain en Inde aura des difficultés, s'il essaie de suivre les règles américaines de l'amitié. Il ne gagne rien en tendant la main en faveur des autres, et surtout pas de la gratitude, parce que l'Indien suppose que ce qu'il ait pour les autres il le fait pour le bien de sa propre psyché. L'Américain remarquera aussi, qu'au fur et à mesure qu'il commence à mieux connaître les gens, ils peuvent devenir plus critiques à son égard, une situation qu'il trouve difficile à accepter. Ce qu'il ne sait pas, c'est qu'un signe d'amitié en Inde est de dire ce que l'on pense et de parler sans détours.

3) Ethnocentrisme, stéréotypes et malentendus dans la communication interculturelle

Ethnocentrisme : Nous avons tous une tendance automatique et inconsciente à nous référer à notre propre cadre de pensée, principalement lié à notre culture nationale (que nous n'avons pas choisie), pour interpréter les situations, évaluer les personnes, communiquer, négocier, ou encore décider de l'attitude à tenir. Ce qui est généralement qualifié d'ethnocentrisme. Ce que James Lee appelle le SRC " Self Reference Criterion ". Il propose une démarche pour tenter d'éliminer les biais décisionnels liés au SRC :

  1. Définir le problème ou l'objectif en termes de traits culturels, de coutumes et de normes, du pays d'origine.
  2. Définir le problème ou l'objectif en termes culturels, de coutumes et de normes, du pays étranger.
  3. Isoler l'influence du SRC sur le problème et l'examiner soigneusement pour voir dans quelle mesure cela complique le problème.
  4. Redéfinir le problème, sans l'influence du SRC, et le résoudre alors pour le cas du marché étranger.

S'il constitue un premier cadre pragmatique qui permet de donner une valeur opérationnelle aux représentations culturelles, le SRC n'en comporte pas moins quelques naïvetés et insuffisances : il suppose qu'il est possible de pénétrer facilement les arcanes de la culture étrangère, même sans être un natif. Or l'expertise culturelle est une notion complexe. Parfois pas plus l'homme de marketing du pays d'origine (par méconnaissance totale) que celui du pays étranger (par inconscience de sa propre culture) ne sont capables de diagnostic dans les phases 2 et 3.

Stéréotypes : (voir explications dans paragraphe précédant) s'ils représentent parfois une simplification intellectuellement commode, n'en ont pas moins une fonction réductrice - et protectrice - de la différence qui peut les rendre dangereux.
Gauthey note la dimension affective : " Il apparaît mille fois plus simple de se raccrocher à ses propres valeurs et de transfère la responsabilité sur l'étranger que de se décentrer c'est-à-dire de quitter son système de référence, pour se mettre à la place de l'autre ".

Le " self-shock " : émerge comme un déséquilibre profond entre notre besoin de confirmer notre identité, et notre capacité à le faire. Selon Zaharma, le choc culturel, qui est vu comme une réaction aux différences avec l'Autre, le " self shock " est une notion qui va s'étendre aux différences avec et à l'intérieur de Soi. C'est probablement là d'ailleurs une des principales raisons d'être des stéréotypes, qui protègent " soi ", encore plus qu'ils ne renseignent sur " l'autre ".

D'une certaine manière cette situation place l'individu en position de double contrainte (Bateson) : elle accroît le besoin de renforcement d'identité, alors qu'en même temps elle diminue la capacité à le satisfaire.

L'empathie internationale : un concept naïf (être ouvert, s'intéresser à l'autre, être à l'écoute, ..).

Comment améliorer la communication / diminuer les risques de malentendus :

4) Proxémie comparée des cultures allemande, anglaise et française

La dimension cachée - Edward T. Hall - 1971 - Edition originale " The hidden dimension " 1966 - Doubleday & Co New York.
  1. Les Allemands et Suisses-Allemands.

    En Europe ce sont les rapports humains qui comptent, alors qu'aux Etats-Unis ce sont les horaires.

    Aux Etats-Unis on considère que deux ou trois personnes qui conversent entre elles sont séparées des autres par une démarcation invisible. Normalement les voix doivent demeurer assourdies au sein du groupe afin de ne pas gêner les autres, mais si d'aventure elles s'élèvent, les autres personnes agiront comme si elles n'avaient rien entendu.

    Pour la plupart des Américains, parler de l'extérieur d'une maison à travers une porte-moustiquaire ne signifie en aucune façon qu'on ait pénétré à l'intérieur de la maison et d'une de ses pièces. Du moment que le visiteur s'appuie au chambranle de la porte, on considère qu'il conserve un point d'ancrage à l'extérieur et qu'il n'a pas complètement pénétré à l'intérieur du territoire de l'autre. Pour l'Allemand, le visiteur a déjà pénétré dans son intimité. Pour lui du moment que l'on peut voir ce qui s'y passe, on est considéré comme un intrus.

    Pour un Allemand , la porte fermée ne signifie pas pour autant que celui qui est derrière souhaite la tranquillité ou fait quelque chose de secret. La fermeture de la porte préserve l'intégrité de la pièce et assure aux personnes la réalité d'une frontière protectrice qui préserve des contacts trop intimes. Les portes fermées donnent au contraire aux Américains le sentiment d'une conspiration générale d'où ils sont exclus. Que se soit chez lui ou au bureau, un Américain est disponible du moment que sa porte est ouverte. On ferme les portes seulement pour les conférences ou les conversations privées, pour un travail qui exige de la concentration, pour l'étude, le repos et le sommeil, la toilette et les activités sexuelles.

    Le sens de l'ordre et de la hiérarchie caractéristique de la culture allemande marque aussi la façon dont les Allemands manient l'espace. Ceux-ci aiment les situations précises et bien définies et ils ne supportent pas les gens qui coupent les files d'attente, qui sortent du rang ou refusent d'obéir aux panneaux d'interdiction du type " accès interdit " ou " réservé aux personnes munies d'autorisations ". Les Américains montrent une certaine désinvolture à l'égard de toutes les formes d'interdit et d'autorité.


  2. Les Anglais.

    Aux Etats-Unis l'espace est utilisé comme mode de classification des gens et de leurs activités, alors qu'en Angleterre c'est le système social qui détermine le standing des individus. Aux Etats-Unis votre adresse privée comme celle de votre travail contribuent de façon importante à votre statut social. En Angleterre, un Lord demeure un Lord quel que soit son lieu de résidence ou de travail.

    Pour un Américain refuser de parler à une personne qui se trouve dans la même pièce, lui infliger le " traitement du silence ", constitue la forme suprême du refus et le signe évident d'un profond mécontentement. Mais l'Anglais qui, depuis l'enfance n'a jamais eu de pièce à lui, n'a pas appris à utiliser l'espace pour se protéger des autres. Il dispose d'un ensemble de barrières intérieures, de nature psychique, que les autres sont censés reconnaître lorsqu'il les fait fonctionner. Ainsi, plus l'Anglais se barricade en présence d'un Américain, plus grand est le risque pour que celui-ci fasse irruption pour s'assurer que tout va bien.

    En Angleterre, la proximité ne signifie rien. Le fait d'habiter la porte à côté d'une autre famille ne vous autorise ni à rendre visite à ses membres, ni à frayer avec eux, ni à leur emprunter des objets. Chez les Anglais les rapports sociaux ne sont pas fonction des structures spatiales mais du statut social.

    Pour les Anglais parler trop fort est une forme d'intrusion, un signe de mauvaise éducation et l'indice d'un comportement social inférieur. Leur nature extravertie pousse les Américains à montrer qu'ils n'ont rien à cacher, dans beaucoup de cas ils sont indifférents au fait que tout le monde les entende.

    L'Anglais a appris à accorder toute son attention à son interlocuteur et à l'écouter avec soin : la politesse l'exige et n'admet aucune barrière protectrice. L'éducation des Américains, en revanche, leur a appris à ne jamais regarder fixement.


  3. Les Français.

    Les Français du Sud-Est appartiennent en général au complexe culturel méditerranéen. Ils s'agglutinent plus volontiers que les Européens du Nord, les Anglais ou les Américains. La promiscuité implique généralement une vie sensorielle très intense.

    Le fait que beaucoup de Français disposent de peu de place explique en partie le plaisir qu'ils semblent avoir à vivre hors de chez eux. La maison est réservée à la famille, les lieux extérieurs sont consacrés aux distractions et aux rapports sociaux.

    Il existe en Europe deux systèmes principaux de structuration de l'espace. L'un, " radiocentrique ", surtout fréquent en France et en Espagne, est sociopète. L'autre, l' "échiquier ", originaire d'Asie Mineure, puis adopté par les Romains qui l'introduisirent en Angleterre au temps de César, est sociofuge. Si, par exemple, on se trompe de direction dans le système radiocentrique, l'erreur devient de plus en plus grave à mesure que l'on s'éloigne du centre. En fait, la moindre erreur équivaut à un départ dans la mauvaise direction. Dans le système de l'échiquier, des erreurs sont forcément de 90 ou 180 degrés et sont par conséquent facile à percevoir. On peut imaginer le nombre d'aspects de la vie française qui sont liés au système radiocentrique.


  4. Cultures Japonaise.

    Dans l'ancien Japon structures sociales et spatiales étaient liées. Le concept d'un centre accessible de toutes parts est un thème classique de la culture japonaise. Les Japonais donnent des noms aux intersections plutôt qu'aux rues qui s'y croisent (les forces d'occupation américaines ont modifié dans une certaine mesure ceci).

    Le centre de la pièce constitue un pôle positif tandis que son périmètre, d'où vient le froid, constitue un pôle négatif. Il n'est pas étonnant que les Japonais trouvent nos pièces dégarnies puisque précisément, leurs centres sont vides. Chez nous les murs d'une maison sont fixes tandis qu'au Japon ils sont semi-fixes. Selon l'heure du jour, la pièce peut s'agrandir jusqu'à inclure l'environnement extérieur, ou peut être progressivement réduite aux dimensions d'un boudoir.

    Un Japonais " ancien style " est capable de tourner indéfiniment autour d'une question sans jamais vraiment l'aborder. La manière abrupte dont nous posons les problèmes est traumatisante pour les Japonais. Ils ne comprennent pas pourquoi nous nous croyons tenus d'être toujours aussi " logique ".


  5. Le monde Arabe.

    Aux Etats-Unis si quelqu'un s'arrête ou s'assied dans un lieu public, il se trouve immédiatement protégé par une petite sphère d'isolement considérée comme inviolable. La taille de cette enceinte protectrice varie avec la densité de la foule. Toute personne qui pénètre dans cette zone et y demeure, est considérée comme une intruse. Et si elle a cependant une raison précise de le faire, elle traduira son sentiment d'intrusion en faisant précéder sa requête de mots d'excuse. Aux yeux d'un Arabe, le fait d'occuper un point particulier dans un endroit public ne confère aucun droit. Pour l'Arabe, l'idée d'une intrusion en public n'est pas concevable. Ce qui est public est effectivement public.

    Dans le monde occidental, on définit la personne comme un individu à l'intérieur d'une peau. En Europe du Nord, la peau et même les vêtements sont en général considérés comme inviolables. Chez l'Arabe, la localisation de la personne par rapport au corps est très différente. La personne existe quelque part au fond du corps. Mais le moi n'est pourtant pas complètement caché, puisqu'une insulte peut l'atteindre très aisément. Il est à l'abri du contact corporel mais non pas des mots. Aucun terme arabe n'approche de la signification exprimée dans notre langue par " viol " dans un seul mot. L'extrême densité de la population dans les villes empêche l'isolement. Leur façon de s'isoler consiste simplement à cesser de parler, tout comme l'Anglais.

    Pour les Arabes l'odeur et le caractère sont liés. Pour l'Arabe, il est essentiel de demeurer dans la zone olfactive d'autrui pour pouvoir détecter les changements affectifs. Ainsi, dans la conversation, les Arabes vous tiennent toujours dans le champ de leur haleine.

    Pour les Arabes regarder autrui latéralement est considéré comme une impolitesse, et que tourner le dos est très grossier. Chez les Arabes, toutes relations amicales impliquent une participation directe. Toutefois, ils se formalisent facilement de l'emploi de distances qu'ils trouvent ambiguës (de 1.2m à 2.1m). S'ils ne sont pas très près de leur interlocuteur ils peuvent, dans certaines réunions formelles, s'asseoir aux deux extrémités d'une pièce.

    L'Arabe a le devoir d'engagement dans les rapports humains : dans les souks les affaires ne se traitent pas entre l'acheteur et le vendeur, tout le monde y participe; lorsque deux hommes se battent, les assistants sont tenus d'intervenir ; sur le plan politique, le fait de ne pas intervenir dans une situation critique est interprété comme une prise de position.

    Les Arabes ne sont pas gênés d'être entourés par la foule, mais détestent être cernés par des murs.

    La hiérarchie des personnes à qui l'on doit fidélité s'établit de la façon suivante : d'abord le moi, puis les membres de la parenté, les habitants du village ou les membres de la tribu, les coreligionnaires et les concitoyens. Qui n'appartient à aucune de ces catégories est un étranger. Dans la pensée arabe, étranger et ennemi sont des termes très voisins sinon synonymes. Dans ce contexte l'empiétement est plus lié à l'identité du transgresseur qu'à la parcelle de terre ou à l'espace dont les frontières peuvent être interdites à tout un chacun, ami ou ennemi.

5) Choc culturel et accoutumance

Euphorie : Période d'euphorie, généralement courte, la lune de miel, l'excitation du voyage et la découverte de nouveaux pays.

Choc culturel : lorsque la vie réelle commence. L'étranger inexpérimenté peut faire un effort pour apprendre quelques symboles et rituels de l'environnement (mots à utiliser, manière de saluer, quand apporter des présents) . Mais il est peut probable qu'il ou elle apprenne seule les valeurs importantes. Dans un certain sens, le visiteur d'une culture étrangère retourne à un état mental enfantin, dans lequel il doit réapprendre les choses élémentaires. Ceci conduit normalement à un état de détresse, d'abandon, et d'hostilité envers l'environnement. Souvent l'état physique de la personne est affecté. Les expatriés et émigrants ont plus de besoins médicaux peu après leur déplacement qu'auparavant..

Accoutumance : advient lorsque le visiteur a appris à fonctionner sous les nouvelles conditions, a adopté quelques valeurs locales, a pris confiance et est peu à peu intégrer dans le nouveau milieu social.

Etat stable : est éventuellement atteint. Il peut rester négatif comparé au pays d'origine (par exemple si le visiteur continue de se sentir étranger et discriminé). Il peut se sentir aussi bien qu'auparavant, dans ce cas il peut considéré comme "biculturellement" intégré. Il peut même se sentir mieux, dans ce cas il est devenu plus Romain que les Romains.

  

F - L'écriture véhicule de la pensée

L'écriture véhicule de la pensée

1) L'écriture japonaise

Il y a trois principaux systèmes d'écriture au Japon :

A l'école élémentaire on apprend : 881 signes
Pour lire un journal : 2000 signes
Pour un travail scientifique ou littéraire : 4000 signes

2) L'écriture chinoise

(Le Miracle de l'écriture - Robert Claiborne - Time-Life)

L'écriture chinoise, qui compte parmi les plus anciennes du monde, a conservé ses caractères essentiels durant plus de 3'500 ans. Les plus vieux pictogrammes (première colonne) se sont transformés en symboles de plus en plus abstraits et complexes (deuxième et troisième colonne). Mais, en partie parce que les Chinois résistèrent aux influences étrangères durant de longues périodes, leur écriture n'a jamais atteint le niveau du système alphabétique.

Puisque les signes pictographiques archaïques ne pouvaient représenter ni la pensée abstraite, ni même un grand nombre de concepts concrets, les Chinois durent trouver progressivement de nouveaux caractères pour accroître le domaine de la communication écrite. En suivant cette méthode, les 2'500 caractères que comptait l'écriture chinoise en 1400 avant JC sont passés à plus de 50'000 dans l'écriture moderne de cette langue très complexe.

3) L'alphabet

Le prolifique alphabet phénicien, géniteur de tant de descendants, se composait de 22 caractères. Il était moderne à tous points de vue, sauf un seul : on y trouvait des consonnes, mais aucune voyelle. Des générations de scribes anonymes, dont l'art s'était fortifié sans défaillance, au cours de 200 ans, avaient finalement porté l'écriture au point qu'elle exprimait désormais la plupart des sons phonétiques qui composaient leur propre langage parlé. Mais la voix humaine est capable de deux sortes de sons différents : les voyelles émises par la seule vibration des cordes vocales, et les consonnes qui nécessitent, outre les cordes vocales, l'intervention de la langue, des dents ou des lèvres, soit au début du son (" sa ") ou bien à la fin de celui-ci (" as "). Il ne resta plus aux Grecs, dont le langage était d'origine proto-indo-européenne, qu'à faire cette distinction en introduisant dans leur propre alphabet, cinq voyelles - progrès accompli dès le IXième siècle avant notre ère.

4) L'alphabet égyptien

L'alphabet égyptien comprenait 24 symboles correspondant à 24 consonnes simples, et beaucoup d'autres qui désignaient des combinaison bi ou tri-consonnantiqes.

Très fiers de la beauté et de la maniabilité de leurs hiéroglyphes, les Egyptiens en exploitèrent souvent l'aspect décoratif. Aucun espace libre, aucune ponctuation ne venait couper le fil des mots, lesquels pouvaient s'écrire dans les deux sens, horizontal et vertical. D'ordinaire la phrase s'ouvrait par la présentation d'un être vivant et la lecture se faisait à partir d'elle, les signes placés le plus haut ayant toujours préséance sur les plus bas. Chaque groupe de signes était disposé symétrique ment de manière à s'inscrire dans un invisible rectangle.

Certains hiéroglyphes n'abandonnèrent pas leur primitive fonction de pictogrammes pour devenir des phonogrammes. Sur les quelque 700 hiéroglyphes en usage au cours du Nouvel Empire, une centaine au moins resta strictement visuelle.

Nombreux étaient les hiéroglyphes pouvant s'appliquer à des homonymes ou quasi-homonymes - un peu comme, dans notre langue, faite, faîte et fête sont homonymes - C'est pourquoi les scribes égyptiens faisaient un large usage de symboles déterminatif qui facilitaient grandement la lecture.

G - Les langues et l'importance socio-économique

Il y a environ 6200 langues avec un ou plusieurs personnes la parlant dont env. 200 sont pratiquement éteintes. Seules 217 langues sont parlées par plu de 1 million de personnes. Voir également Le besoin de compétences linguistiques dans les affaires internationales

Importance par nombre de mio de personnes la parlant :

  1. Mandarin (930
  2. Anglais (463)
  3. Hindou (400)
  4. Espagnol (371)
  5. Russe (291)
  6. Arabe (214)
  7. Bengali (192)
  8. Portugais (179)
  9. Malay-Indonésien (152)
  10. Japonais (196)
  11. Allemand (120)
  12. Français (117)
  13. Urdu (98)
  14. Punjabi (84)
  15. Koréen (74)
l'Italien se trouve en 21ième position avec 63 millions de personnes.

Importance socio-économique (Nombre de personnes parlant la langue " native people " * GNP de 1980, certainement la Corée serait sur la liste aujourd'hui).

  1. Anglais (33% du GNP
  2. Russe (13%)
  3. Japonais (9%)
  4. Allemand (8%)
  5. Français (6%)
  6. Espagnol (5%)
  7. Mandarin (5%)
  8. Italien (3%)
  9. Portugais (2%)
  10. Arabe (2%)
  11. Polonais (1%)